L’espace en tremblement

Toujours je ne trouverai de par la foule que tes yeux dans l’espace en tremblement

The end of everything.

Le photographe -un ami- lui demanda : « Et que serait la mort pour toi? »

« Ce serait la fin de tout », lui répondit-elle, gravement, alors qu’il prenait un nouveau cliché de son visage.

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19 années sans toi

Me revoici, dès lors que j’espère te retrouver

19 années sans toi, attendre de ne plus être.

Te rejoindre.

Je suis heureuse d’écrire en sachant

que tu me liras

Pourquoi la poésie ou l’impression d’exister.

Que me permet la poésie? Que m’offre-t-elle? C’est bien d’amener un sujet par des questions. Mon amie prof de métho en littérature vous le dira.  Ce billet qui me fait sortir de mon confort, je dois le dire. Car il n’est pas poésie. Mais en guise de réponse, voici, fort brièvement.

Que me permet, donc, cette poésie à laquelle je me commets. Elle me donne l’impression d’exister. Sédentaire, je ne voyage que par elle, ma bohème. Elle me permet de me nommer. De te nommer.

C’est une poésie parfois inachevée que je présente ici, dans mon laboratoire.  Et donc, c’est sans prétention, et dans son sillage, que « je marche à toi ».

Le solstice d’été

J’aperçois le contour flou des paysages

De par cette fenêtre qui permet d’atteindre

À la fois l’hier et le solstice d’été

J’ai si peur et je te porte

Aussi fort que le marteau frappe cette corde

Aussi loin que le lointain permet d’y croire

Nous serons ailleurs

Dans très peu de temps

Ne plus te voir

pour Paul-Éluard

Ai-je souffert d’écrire ces mots

et de ne plus attendre?

j’ai souffert de l’espérance

et espéré ne plus te voir.

Pour Paul-Marie Lapointe

les forts vents

agitent tes cheveux

mais ta seule présence en paralyse

la violence.

Il n’y a que toi

enracinée au sol.

Tu es arbre.

6 décembre 1989

Pour :

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznick-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Auclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard et les centaines d’autres personnes qui, le 6 décembre 1989, ont fracassé leur visage contre le mur de Polytechnique.

Il faut ériger les mots en monument

pour nommer

Observer ce qui reste

et ces noms qui reviennent dans l’entre-toît de nos consciences

chaque 6 décembre

la douleur d’être femme

et/ou féministe

Tryptique

J’entre en période de création.

Et je me retrouve

Il s’agit d’un tryptique

À 23h le cadran sonne toujours.

Meta

La fulgurante
au regard pourpre

Ce matin-là

L’aube est sans lumière

alors que, fragile, soudain,

le jour d’après ne nous parvient pas

pas plus que le reste du monde

ou le froid de l’automne.

Le savoir ira saccager les églises

les synagogues

mais ce matin-là

malgré que le monde entier éclate

jamais rien ne le brisera.