Pourquoi la poésie ou l’impression d’exister.

Posté dans à propos le 07/04/2010 par Marie-Andrée B.

Que me permet la poésie? Que m’offre-t-elle? C’est bien d’amener un sujet par des questions. Mon amie prof de métho en littérature vous le dira.  Ce billet qui me fait sortir de mon confort, je dois le dire. Car il n’est pas poésie. Mais en guise de réponse, voici, fort brièvement.

Que me permet, donc, cette poésie à laquelle je me commets. Elle me donne l’impression d’exister. Sédentaire, je ne voyage que par elle, ma bohème. Elle me permet de me nommer. De te nommer.

C’est une poésie parfois inachevée que je présente ici, dans mon laboratoire.  Et donc, c’est sans prétention, et dans son sillage, que « je marche à toi ».

Le solstice d’été

Posté dans Poésie le 07/04/2010 par Marie-Andrée B.

J’aperçois le contour flou des paysages

De par cette fenêtre qui permet d’atteindre

À la fois l’hier et le solstice d’été

J’ai si peur et je te porte

Aussi fort que le marteau frappe cette corde

Aussi loin que le lointain permet d’y croire

Nous serons ailleurs

Dans très peu de temps

Ne plus te voir

Posté dans Poésie le 06/04/2010 par Marie-Andrée B.

pour Paul-Éluard

Ai-je souffert d’écrire ces mots

et de ne plus attendre?

j’ai souffert de l’espérance

et espéré ne plus te voir.

Pour Paul-Marie Lapointe

Posté dans Poésie le 05/04/2010 par Marie-Andrée B.

les forts vents

agitent tes cheveux

mais ta seule présence en paralyse

la violence.

Il n’y a que toi

enracinée au sol.

Tu es arbre.

6 décembre 1989

Posté dans Essai le 06/12/2009 par Marie-Andrée B.

Pour :

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznick-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Auclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard et les centaines d’autres personnes qui, le 6 décembre 1989, ont fracassé leur visage contre le mur de Polytechnique.

Il faut ériger les mots en monument

pour nommer

Observer ce qui reste

et ces noms qui reviennent dans l’entre-toît de nos consciences

chaque 6 décembre

la douleur d’être femme

et/ou féministe

Tryptique

Posté dans Essai le 03/12/2009 par Marie-Andrée B.

J’entre en période de création.

Et je me retrouve

Il s’agit d’un tryptique

À 23h le cadran sonne toujours.

Meta

Posté dans Essai le 08/10/2009 par Marie-Andrée B.

La fulgurante
au regard pourpre

Ce matin-là

Posté dans Poésie le 08/10/2009 par Marie-Andrée B.

L’aube est sans lumière

alors que, fragile, soudain,

le jour d’après ne nous parvient pas

pas plus que le reste du monde

ou le froid de l’automne.

Le savoir ira saccager les églises

les synagogues

mais ce matin-là

malgré que le monde entier éclate

jamais rien ne le brisera.

S’incliner

Posté dans Essai le 07/10/2009 par Marie-Andrée B.

Danser au bord du gouffre en chantant «Tu m’aimes-tu ? » Il me semble que c’est ça la vie.

Je me demande souvent pourquoi je fais ce que je fais, pourquoi je suis ce que je suis, pourquoi ne pas être ailleurs. Souvent je m’incline devant tant d’incertitudes, devant la beauté d’«Eleonor Rigby».

Tout le monde fait un doctorat dans la vie. Tout le monde pense être un peu poète et tout le monde joue de la guitare. Tout le monde aime Gaston Miron.

Qu’est-ce qui reste ?

«Tu m’aimes-tu», «Eleonor Rigby», Gaston Miron et toi.

Je suis ici

Posté dans Essai le 05/10/2009 par Marie-Andrée B.

Je ne serai jamais comédienne, ni ne vivrai dans le Mile-end.

Faisant le deuil d’un monde auquel j’aurais voulu appartenir, je pleure mes échecs, et admire les portes contre lesquelles je me suis si souvent frappée.

Je vais dans tous les sens, les idées se mêlent; je rêve de lire la correspondance de Pauline J. et Gérald G.

Dans le café où je suis, le tourbillon du monde se présente comme l’orgueil d’un chien qui rêve d’attraper sa queue et fait tout pour y parvenir.

Les poètes du Krieghoff : je les regarde tous et les observe. Je parle d’eux. Il me faut savoir où j’en suis.

Je suis ici.

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