6 décembre 1989

Posted in Essai on 06/12/2009 by Marie-Andrée B.

Pour :

Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznick-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Auclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard et les centaines d’autres personnes qui, le 6 décembre 1989, ont fracassé leur visage contre le mur de Polytechnique.

Il faut ériger les mots en monument

pour nommer

Observer ce qui reste

et ces noms qui reviennent dans l’entre-toît de nos consciences

chaque 6 décembre

la douleur d’être femme

et/ou féministe

Tryptique

Posted in Essai on 03/12/2009 by Marie-Andrée B.

J’entre en période de création.

Et je me retrouve

Il s’agit d’un tryptique

À 23h le cadran sonne toujours.

Meta

Posted in Essai on 08/10/2009 by Marie-Andrée B.

La fulgurante
au regard pourpre

Ce matin-là

Posted in Poésie on 08/10/2009 by Marie-Andrée B.

L’aube est sans lumière

alors que, fragile, soudain,

le jour d’après ne nous parvient pas

pas plus que le reste du monde

ou le froid de l’automne.

Le savoir ira saccager les églises

les synagogues

mais ce matin-là

malgré que le monde entier éclate

jamais rien ne le brisera.

S’incliner

Posted in Essai on 07/10/2009 by Marie-Andrée B.

Danser au bord du gouffre en chantant «Tu m’aimes-tu ? » Il me semble que c’est ça la vie.

Je me demande souvent pourquoi je fais ce que je fais, pourquoi je suis ce que je suis, pourquoi ne pas être ailleurs. Souvent je m’incline devant tant d’incertitudes, devant la beauté d’«Eleonor Rigby».

Tout le monde fait un doctorat dans la vie. Tout le monde pense être un peu poète et tout le monde joue de la guitare. Tout le monde aime Gaston Miron.

Qu’est-ce qui reste ?

«Tu m’aimes-tu», «Eleonor Rigby», Gaston Miron et toi.

Je suis ici

Posted in Essai on 05/10/2009 by Marie-Andrée B.

Je ne serai jamais comédienne, ni ne vivrai dans le Mile-end.

Faisant le deuil d’un monde auquel j’aurais voulu appartenir, je pleure mes échecs, et admire les portes contre lesquelles je me suis si souvent frappée.

Je vais dans tous les sens, les idées se mêlent; je rêve de lire la correspondance de Pauline J. et Gérald G.

Dans le café où je suis, le tourbillon du monde se présente comme l’orgueil d’un chien qui rêve d’attraper sa queue et fait tout pour y parvenir.

Les poètes du Krieghoff : je les regarde tous et les observe. Je parle d’eux. Il me faut savoir où j’en suis.

Je suis ici.

Le bien paraître

Posted in Essai on 28/08/2009 by Marie-Andrée B.

Ton humanité stérile me donne envie de vomir, sale con.

Les auréoles du temps

Posted in Poésie on 28/08/2009 by Marie-Andrée B.

Cent vagues battues par la sueur

filent et se forment à mesure.

Je les vois poindre et mourir,

puis renvoyer à ma figure

les auréoles du temps.

Notre histoire elle-même

ne voit pas le bout de son commencement.

Mon passage ici

Posted in Poésie on 27/08/2009 by Marie-Andrée B.

Je nage à travers

ceux que j’aime

et te retrouve

dans l’intimité du réel

Sans voie battue à même

le sol ou les cieux

ou le sel

mais l’envers se cristallise à travers ton regard

et me porte à croire,  me donne à voir

que tout est si vrai

Je te comprends de par-delà mon corps

en mon être-toi

où je puise la substance

de ce monde hors duquel je m’inscris

je te sens si près

Dans un élan je pose sur la page

ces quelques mots.

Tracés, ils restent des repères

de mon passage ici.

présence au monde

Posted in Essai on 15/06/2009 by Marie-Andrée B.

Et puis il y a toujours ma présence au monde qui me questionne. Plus le temps passe, moins c’est clair. Au final, ce sera sans doute un vrai de vrai bordel.  On se le demande toujours sans doute. Et autant de questions ne font que se dépasser l’une l’autre laissant l’impression que l’urgence d’y répondre ne fait qu’augmenter. Toujours. Comme une course folle dans «l’asile de la pureté».

Et puis tout change de toute façon, c’est vrai. Et se saisir des lignes fuyantes qui tracent le chemin semble rigoureusement impossible. On ne vieillit pas, pas plus qu’on se tait.